L'histoire du village
2009
Le 3 décembre 2009, Notre-Dame de Baumgarten reprend vie après 484 années d'interruption de la vie monastique.
Les bâtiments, après avoir servi de cadre à un restaurant et à un célèbre caveau, avaient été acquis par des particuliers avant d'être repris par les moniales. La communauté, forte d'une quinzaine de sœurs, y mène désormais une vie rythmée par la prière, la lecture et le travail manuel, fidèle à la règle de Saint-Benoît.
Ce retour referme une boucle de neuf siècles d'histoire et redonne au site de Baumgarten sa vocation originelle de lieu de prière et d'accueil, ouvert aux pèlerins qui cheminent sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Le retour de la vie monastique
Le 10 mai 1871, le traité de Francfort prévoit la cession de l'Alsace à l'Empire allemand. Bernardvillé, comme l'ensemble des villages alsaciens, change de nationalité et entre dans une période troublée d'environ cinquante ans.
L'Alsace-Lorraine, désormais Reichsland, acquiert une certaine autonomie au sein du IIe Reich allemand, mais les habitants conservent leur attachement profond à la culture et à la langue françaises.
En novembre 1918, à l'issue de la Première Guerre mondiale, l'Alsace retrouve la France dans une liesse populaire, marquant la fin d'un demi-siècle de séparation douloureuse.
L'annexion allemande
1648
Bernardvillé traverse une période de destructions répétées lors de la guerre de Trente Ans. À la sortie du conflit en 1648, la région est complètement dévastée après près de deux décennies de pillages incessants. Le village doit une nouvelle fois se relever, dans un pays où l'on estime que la moitié des habitants ont péri ou fui.
Il existe encore dans la commune plusieurs maisons anciennes, notamment le presbytère qui date de 1732, témoignant de la lente reconstruction entreprise dans les décennies qui suivirent. C'est à cette époque que le village commence à prendre la physionomie qu'il conserve encore aujourd'hui.
Les ravages de la guerre de Trente Ans
En 1525, Bernardvillé est durement touché par la guerre des Paysans. Les habitants d'Epfig et de Dambach-la-Ville détruisent le monastère et le village entier. Les pierres des bâtiments en ruine servent ensuite à construire des maisons, mais également à édifier l'enceinte fortifiée de Benfeld.
Ce bouleversement marque une rupture profonde dans l'histoire locale : après quatre siècles d'existence, Bernardvillé doit se reconstruire entièrement.
L'abbaye de Baumgarten, vidée de ses moines, tombe peu à peu à l'abandon, et ne retrouvera jamais sa vocation première avant le XXIe siècle.
La destruction par la guerre des Paysans
Sous la tutelle des sires d'Andlau
Les sires d'Andlau, vassaux du Saint-Empire germanique, deviennent propriétaires des fiefs de Bernardvillé en 1305 et garderont leurs titres jusqu'à la Révolution. Cette seigneurie marque durablement la vie du village.
Bernardvillé devient ainsi un fief de cette famille noble influente de la région, dont l'empreinte se mesure encore aujourd'hui dans les liens étroits qui unissent les deux communes voisines.
Sous leur autorité, le village connaît une relative stabilité, malgré les soubresauts qui agitent régulièrement l'Alsace médiévale et ses territoires disputés.
1125
Les origines du village
Bernardvillé naît dans l'ombre de l'abbaye de Baumgarten, fondée en 1125 par Cunon de Michelbach, évêque de Strasbourg contraint de quitter la ville par l'empereur.
Les premières constructions sont attribuées aux bergers employés par les moines, qui s'installèrent dans le petit vallon au nord de l'abbaye.
C'est autour de cette abbaye cistercienne que la localité se développe peu à peu. Baumgarten signifie « verger » en alsacien : le cadre de vignes, de prés et de pommiers façonne dès l'origine l'identité du lieu.
Le village est mentionné pour la première fois dès 1260. Cette apparition dans les textes témoigne d'une communauté déjà constituée, qui s'est progressivement organisée autour des terres et des activités liées à l'abbaye voisine.
À cette époque, le village porte encore les traces de son lien profond avec la vie monastique cistercienne qui structure le territoire depuis plus d'un siècle.
Les moines ont en effet façonné le paysage alentour, défrichant les terres, cultivant la vigne et entretenant les chemins qui traversent ce vallon discret du centre de l'Alsace.
La première mention du village
1260
1371
L'église Saint-Antoine-Ermite est attestée dès 1371 et conserve encore quelques baies gothiques témoignant de ses origines médiévales.
Elle a été restaurée et agrandie durant les XVIIIe et XIXe siècles, prenant peu à peu l'aspect qu'on lui connaît aujourd'hui. Elle est dotée d'un orgue construit en 1852 et entièrement restauré en 1984, ainsi que de deux autels latéraux, véritables joyaux du rococo, œuvre du sculpteur allemand Mathias Faller au XVIIIe siècle.
L'orgue et les autels sont aujourd'hui classés aux Monuments Historiques, faisant de cette modeste église de village l'un des édifices les plus remarquables de la route des vins.
1305
L'église Saint-Antoine-Ermite
Les dates importantes
1525
1871
Les informations présentées sur cette page ont été rassemblées à partir de Wikipédia (articles Bernardvillé et Abbaye de Baumgarten), le site officiel de l'Abbaye Notre-Dame de Baumgarten, le portail Pays de Barr, le site de la commune de Bernardvillé, ainsi que les Archives Alsace.